Le jour où j’ai fait chanter le Général McPeak

Le général McPeak, c’est lui : mcpeak1.jpg

Il a quatre étoiles à son képi, il a fait la guerre du Viêt Nam et c’est pas un rigolo. Alors quand l’Alliance française de Portland, Oregon, m’a demandé de l’interviewer – je suis chargée d’écrire une série de portraits des famous membres pour leur Newsletter hebdomadaire- je ne m’attendais pas à une grande partie de rigolade… Et pourtant.

Après m’avoir raconté, dans un très bon français, qu’il a appris cette langue au Cambodge où il était envoyé en mission par l’US Air Force, je m’intéresse un peu à ses goûts pour la littérature et les arts dont on est si fiers en France.

Et alors que je m’attendais à un sinistre Misérables et autre Debussy, voilà le général qui prend une grande inspiration, sourit enfin et me dis : Vous connaissez Jacques Brel?
Oui; répondis-je timidement (il a quand même été Secrétaire d’Etat sous Bill Clinton, conseillé George Bush père et mesure 1,92m ! )

Et là, devant tous le staff de l’Alliance française héberlué, le grand général se met à chanter, en bombant le torse : « J’attendraiiiiiiiiii, le jouuuurrrr et la nuiiiiiiiiit…♬♬♬
J’attendraiiiiii toujoursssssss, ton retouuuuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrr » ♬♬♬

En fait, le Général McPeak, c’est trop un cool.

D’ailleurs si j’avais approfondi un peu mes recherches, j’aurais pu m’en douter :
peakcool.jpg

Et en plus, c’est le meilleur pote d’Obama !
Le jour où j'ai fait chanter le Général McPeak

Non non, cette image n’est pas un montage. Monsieur McPeak a bien fait la campagne de Barack Obama en 2008. Il était chargé, vous vous en doutez, des questions de défense.

Même si, après coup, je me demande si ce n’est pas lui qui a composé sa fameuse chanson de campagne « Yes we can », je parle du remix bien sûr !

Super Bowl – Super Bouffe

Aujourd’hui chez les Fox (la famille américaine qui m’héberge), il y a une ambiance toute particulière. Depuis 11h ce matin, ça sent le guacamole dans toute la maison. Et pour cause : c’est la finale du championnat de football américain ou plus exactement le fameux Super Bowl. Et comme chez plus de 85 millions d’Américains, chez les Fox, on prépare correctement cet événement annuel. Première chose indispensable pour regarder le Superbowl: les snacks. Mais attention quand je dis snacks c’est le snack à l’américaine c’est-à-dire d’immenses paquets de chips et de nachos à tremper dans des tas de dips installés un peu partout dans la pièce, des sodas, des glaces, des hot dogs, des …. waoww rien que d’en parler je crois que mon ventre va exploser.
Sans parler du gâteau à la crème représentant un ballon ovale et décoré à grands coups de peanut butter commandé pour l’occasion. Non, c’est de la mauvaise fois, c’était le 14e anniversaire de Sam, le fils aîné de la famille, d’où peut être l’effervescence. Après tout, les Fox ne sont pas représentatifs de l’Amérique entière, c’est vrai.
C’est exactement ce dont parlait cet article superbowl201152.jpgce matin dans the Berkshire Eagle, un journal local du Massachussets qui titrait « Non, tout le monde n’est pas devant le Superbowl »

Shamanism, laïcité et autres curiosités

shaminsm1.jpgQuand mon ami américain Nicholas, 20 ans m’a parlé de ses cours de « shamanism » à l’université de Portland, j’imaginais un topo magistral d’anthropologie ou quelques éléments d’Histoire des Indiens et des sorciers d’Amérique. J’étais bien loin du compte.
Aux Etats-Unis ou du moins à  l’université publique de Portland, Oregon, des cours de méditation chamanique sont divulgués aux élèves et valent, tenez vous bien, 4 crédits à eux tout seul. 4 crédits pour passer quatre heures allongé sur le sol à écouter une prétresse (et non pas une maîtresse) prier et invoquer les Dieux au rythme d’un tambour en peau de bison.

Retour sur quatre heures impensables dans notre laïque de France.

Le cours avait pourtant commencé de manière très traditionnelle avec quelques explications théoriques sur la déesse « bridget » et son fabuleux « pouvoir de créativité ». J’aurais du me douter de la teneur de cette matinée chamanique quand la shamane- teacher nous a demandé de « décrire nos chaudrons personnels ». Le chaudron de la tête, le chaudron du coeur et le chaudron du sexe. Whaaat?? Moi étonnée, un peu gênée, m’en sort avec quelques banalités « it is warm, it is OK. Everything is OK ».
Moins farouches, les étudiants américains venus très nombreux ce vendredi matin, ont tous livré, et avec passion, leurs derniers rêves ou leurs propres expériences avec la déesse Mandola (étudiée au dernier cours).

Après la pause, place aux travaux pratiques. Tables et chaises ont été poussées dans un coin. Au centre, une bougie et quelques images font office de sanctuaire. Assis en tailleur ou allongés sur le sol, les étudiants prient et se concentrent sur leur propre bougie. Au milieu d’eux, la prêtresse tient une maracas dans chaque main et tourne sur elle-même en invoquant la déesse. Ce petit cinéma prend au moins deux heures de cours, deux heures pendant lesquelles je me suis assoupie, espérant au fond de moi voir les bougies valser ou les élèves entrer en transe. Rien de tout cela malheureusement, may be next week?
Ah oui, j’oubliais les devoirs : un coloriage. Une rosace plus exactement, très importante dans le rituel chamanique. « Laissez vous guider par Bridget, elle choisira les couleurs » sont les seules consignes de la Shamane. On est priés de présenter notre oeuvre la semaine prochaine, elle sera bénie par Bridget en personne ! Attention pas d’oubli, cela vaut quatre crédits!

A suivre, une interview de la prof et une confrontation de celle-ci avec le recteur de l’université de Portland Community College. « Non mais vous ne pouvez pas laisser faire cela ! » ethnocentrisme?

Fusillade de l’Arizona : Obama salue ses héros à Tucson

Mercredi 12 janvier. il est 18h à Portland et mon « show » préféré, Modern Family, va commencer. Mais écran noir sur la chaîne abc, spécialisée dans les séries TV, qui affiche, comme toutes les autres chaînes de la télévision américaine : « no signal ». Une seule possibilité ce soir devant ma télé : NBC news spécial Tucson : Barack Obama rend hommage aux victimes de la fusillade de samedi dernier et les Américains n’ont pas d’autre choix que d’écouter leur Président énoncer son discours.

Salle comble, Michelle au premier rang. Obama commence par remercier les « héros » de Tucson. Sous des tonnerres d’applaudissement, le stagiaire de Gabrielle Giffords, présent lors de la fusillade est remercié solennellement par Obama. De même pour « l’excellent citoyen » qui a réussi à arrêter le jeune killer alors qu’il s’apprêtait à recharger son arme. « You’re a hero », insiste le président américain dont la voix est couverte par une foule en délire. On se croirait à une remise des prix ou à la fin d’un gala de charité.

Puis vient le tout des six victimes. Ton solennel, silence de mort. C’est tout juste s’il n’y a pas une musique de fond quand le portrait de chaque personne décédée dans la fusillade apparaît à l’écran. Barack Obama, qui les appelle toutes par leurs prénoms a un mot pour chacun. « Chris avait tout d’un bon père de famille mais c’était surtout un excellent citoyen américain », insiste le président. « Christina, (la petite fille de 9 ans tuée d’une balle) avait foi en notre démocratie », continue-t-il, « Je veux une Amérique aussi respectable que celle que Christina imaginait ». L’Amérique a des frissons. Standing Ovation dans la salle de meeting de Tucson. Sam,14 ans est devant sa télévision à Portland. Il enregistre l’intégralité du discours à l’aide de son ipod touch :  » I like this man » dit-il, enthousiasmé par le, pourtant très long, discours. Quant à @Schmitty, sur Twitter, elle nous apprend qu’elle est « debout dans son living et qu’elle applaudit à deux mains son Président ».

Un succès pour Obama. Et comme pour couronner le tout, on apprend que « Gaby » Giffords a ouvert les yeux juste après la visite de Barack Obama au pied de son lit d’hôpital. Un messie.

Bonjour tout le monde !

Me voilà en Oregon pour une période de deux mois.

Ce blog pour vous livrer mes quelques impressions dans ma découverte de l’Amérique pas du tout profonde. Portland est une ville très en avance : veggie, green et progressiste.

Vos questions, commentaires et suggestions sont plus que bienvenus !

Bonne lecture




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